Une nouvelle étude révèle que les neutrophiles, les globules blancs les plus courants dans l'organisme, agissent comme des usines cachées pour la protéine C4A, le facteur de risque génétique commun le plus fort lié à la schizophrénie. Cette découverte relie directement le système immunitaire à ce trouble cérébral et ouvre de nouvelles voies pour le diagnostic et le traitement.
La recherche
Des chercheurs de Stanford Medicine, dirigés par les Drs Agnes Kalinowski et Alexander Urban, ont publié leurs résultats le 11 mai dans les Proceedings of the National Academy of Sciences. Ils ont utilisé un suivi avancé de l'expression génétique pour montrer que les neutrophiles fabriquent activement la protéine C4A, une protéine du complément que l'on pensait auparavant principalement produite dans le foie. La C4A est connue pour provoquer un élagage synaptique excessif dans le cerveau, un processus qui élimine les connexions neuronales. Dans la schizophrénie, cet élagage va trop loin, éliminant environ 30 % des synapses dans le cortex cérébral et amincissant les régions cérébrales essentielles aux fonctions cognitives supérieures.
L'équipe a découvert que les personnes atteintes de schizophrénie ont des neutrophiles qui produisent une poussée agressive de C4A. Paradoxalement, ces neutrophiles retiennent moins de C4A, tandis que des niveaux élevés de sa forme activée, la C4-ana, apparaissent dans le plasma sanguin. Cela suggère que la protéine est rapidement consommée et activée quelque part dans l'organisme, contribuant probablement à la pathologie cérébrale. Le nombre de copies du gène C4A qu'une personne possède est le facteur de risque génétique commun le plus fort pour la schizophrénie, déterminant directement les niveaux de C4A dans la circulation sanguine.
Fait intéressant, les patients atteints de schizophrénie ont souvent un nombre élevé de neutrophiles, et le médicament le plus efficace, la clozapine, agit en déplétant les neutrophiles circulants. Cela suggère que les neutrophiles sont des acteurs principaux de la maladie, et non un simple effet secondaire.
Pourquoi c'est important
Pendant des décennies, la schizophrénie a été considérée comme un trouble spécifique au cerveau, nécessitant des traitements capables de franchir la barrière hémato-encéphalique. Cette étude bouleverse cette idée : si les cellules immunitaires périphériques alimentent la maladie, les cliniciens pourraient potentiellement bloquer la progression de la schizophrénie en utilisant des médicaments dans la circulation sanguine, contournant ainsi le défi complexe de cibler directement le cerveau. Cela ouvre également la possibilité de diagnostiquer la schizophrénie par une simple prise de sang mesurant la C4A ou l'activité des neutrophiles.
Ce que vous pouvez faire
Bien que cette recherche soit préliminaire, elle souligne comment votre système immunitaire affecte votre cerveau. Soutenir votre santé générale (par le sommeil, l'exercice et la gestion du stress) peut aider à réguler la fonction immunitaire. Restez informé à mesure que la science découvre comment les facteurs périphériques influencent la cognition.
Source : Neuroscience News
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