L'attention spatiale sélective – la capacité de se concentrer sur l'essentiel et d'ignorer les distractions – pourrait être contrôlée par un circuit ancestral du tronc cérébral, et non uniquement par le cortex préfrontal. Une nouvelle étude de l'Université Johns Hopkins, publiée dans Nature Communications le 22 juin 2026, identifie un groupe spécifique de neurones inhibiteurs dans le tronc cérébral qui agit comme un « moteur fondamental de sélection attentionnelle », conservé chez tous les vertébrés, y compris les poissons, les oiseaux, les reptiles et les humains.
La recherche
Dirigée par le post-doctorant Ninad Kothari et l'auteur principal Shreesh Mysore, l'équipe a entraîné des souris à effectuer une tâche d'attention visuelle semblable à celle des humains. Les souris devaient se concentrer sur des stimuli visuels présentés juste devant elles tout en ignorant des lumières distrayantes sur le côté. Lorsque les chercheurs ont réduit au silence les neurones inhibiteurs spécifiques du tronc cérébral à l'aide de l'optogénétique, les souris sont devenues hyper-distractibles – incapables d'ignorer même des stimuli périphériques faibles. Fait remarquable, la réactivation des neurones le lendemain a complètement restauré leur capacité à ignorer de forts distracteurs. Des contrôles rigoureux ont confirmé que le déficit était purement attentionnel, et non dû à une déficience visuelle ou motrice.
Cette découverte remet en question la croyance de longue date selon laquelle l'attention repose uniquement sur le cortex préfrontal, une région très développée uniquement chez les primates. « Si nous remontons vraiment dans l'évolution, pendant des centaines de millions d'années, les oiseaux ont eu cette capacité, les poissons l'ont eue. Et ils n'ont généralement pas de cortex préfrontal très développé », a expliqué Kothari. Le circuit du tronc cérébral précède le cortex préfrontal de centaines de millions d'années, ce qui explique la concentration spatiale des vertébrés primitifs.
Pourquoi c'est important
Parce que cette architecture ancestrale est conservée chez l'humain, les résultats ouvrent de nouvelles voies pour comprendre et potentiellement traiter les troubles de l'attention comme le TDAH et l'autisme. Les chercheurs notent que la réduction au silence du circuit du tronc cérébral a induit des symptômes reflétant une caractéristique clé du TDAH – l'hyper-distractibilité. Cela suggère que des déficits fonctionnels dans ce moteur du tronc cérébral pourraient sous-tendre ces conditions, ouvrant la voie à des traitements pharmacologiques ciblés non stimulants. « Un signe distinctif du TDAH est que même de faibles distracteurs détournent l'attention – et c'est exactement ce que nous observons ici lorsque ces neurones sont réduits au silence », a déclaré Mysore.
Ce que vous pouvez faire
Bien que vous ne puissiez pas contrôler directement les neurones du tronc cérébral, comprendre que l'attention a des racines anciennes peut informer des stratégies quotidiennes. Pratiquez la pleine conscience pour entraîner le système de filtrage de votre cerveau : concentrez-vous sur une tâche à la fois dans un environnement calme, en ajoutant progressivement des distractions. La recherche montre que l'entraînement de l'attention améliore la flexibilité cognitive. Assurez-vous également un sommeil adéquat – la fatigue altère les circuits inhibiteurs du tronc cérébral, vous rendant plus distrait.
Source : Neuroscience News
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