Une revue complète publiée dans la revue Addiction confirme que la consommation d'alcool est une cause directe de plus de 60 maladies et blessures, allant de la cirrhose du foie à la démence. Si certains dommages — en particulier le risque de blessure à court terme et certains marqueurs cardiovasculaires — peuvent s'améliorer ou s'inverser après l'arrêt de la consommation, de nombreuses affections chroniques comme la cirrhose ne sont pas entièrement réversibles.
La recherche
Dirigée par le Dr Jürgen Rehm, scientifique principal au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) du Canada, l'étude a analysé les données de la Classification internationale des maladies (11e édition) de l'Organisation mondiale de la Santé, qui répertorie plus de 60 affections attribuables à 100 % à l'alcool. Celles-ci incluent la cardiomyopathie alcoolique, les maladies hépatiques alcooliques comme la cirrhose et le syndrome d'alcoolisation fœtale. De plus, l'alcool est une cause partielle de cinq grandes catégories de maladies non transmissibles : les cancers (bouche, pharynx, larynx, œsophage, côlon, rectum, foie, sein, col de l'utérus), les maladies cardiovasculaires (hypertension artérielle, cardiomyopathie, cardiopathie ischémique, fibrillation auriculaire, accident vasculaire cérébral), le diabète de type 2, les troubles neuropsychiatriques (démence, épilepsie) et les maladies gastro-intestinales (cirrhose du foie, pancréatite).
L'étude souligne également que l'alcool augmente la susceptibilité aux maladies infectieuses telles que la tuberculose, la pneumonie et le VIH/SIDA en altérant la fonction hépatique et en affaiblissant les réponses immunitaires. Le risque de blessure — accidents de la route, chutes et violence — augmente même à de faibles niveaux de consommation en raison d'une altération de l'équilibre, du temps de réaction et du jugement.
Il est important de noter que certains dommages peuvent être inversés. Les risques de blessure à court terme diminuent immédiatement après l'arrêt de la consommation, et le système immunitaire peut récupérer après l'abstinence, bien qu'une consommation excessive à long terme puisse causer des dommages durables. Des améliorations cardiovasculaires peuvent être observées en quelques jours à quelques semaines. Les lésions cérébrales dues à une consommation excessive d'alcool peuvent partiellement récupérer avec une abstinence soutenue, mais les risques tels que la démence peuvent persister. Les maladies chroniques comme la cirrhose et les maladies cardiaques ne sont pas entièrement réversibles, mais la réduction de la consommation d'alcool peut ralentir leur progression.
Pourquoi c'est important
Cette recherche souligne que les méfaits systématiques de l'alcool l'emportent nettement sur ses prétendus bienfaits cardiaques. Pour quiconque se soucie de la santé cognitive, le message est clair : bien que certains dommages soient réversibles, la meilleure stratégie est de limiter ou d'éviter l'alcool pour protéger la fonction cérébrale et réduire le risque de démence.
Ce que vous pouvez faire
- Limitez votre consommation : Suivez les directives à faible risque (par exemple, pas plus d'un verre par jour pour les femmes, deux pour les hommes).
- Envisagez l'abstinence : Surtout si vous avez des facteurs de risque de maladie du foie, de cancer ou de démence.
- Suivez les changements : Notez les améliorations du sommeil, de la mémoire et de l'énergie après avoir réduit ou arrêté l'alcool.
Source : Neuroscience News
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